PRESENTATION GENERALE
Par Sébastien POINSOT

PREAMBULE...
Au cours des années 80, la production artistique, avide du « toujours plus » sensationnel, se détournant du sujet désormais trop
classique du redresseur de tort expert en Kung-Fu s'opposant à des brutes de série B, décida de lui trouver des adversaires plus dignes de lui... par exemple d'autres experts en arts martiaux. La
confrontation entre styles était née.
Ces films connurent un même succès que ceux des années 70, créant
à leur tour une émulation « culturelle et sportive » qui provoqua la création de rencontres sportives d'un genre nouveau : les tournois multidisciplinaires.
Le mélange des styles : Krav-Maga vs
Judo.
GRANDEUR ET DECADENCE
Différentes formes sportives multidisciplinaires continuèrent à
perdurer tant bien que mal, mais sans disposer des mêmes moyens financiers et promotionnels que le combat libre.
Partout à travers le monde, différentes organisations (U.F.C au Etats-Unis, Cage-Rage au R.U, Pride ou K1 ou Japon) connaissent un succès phénoménal, leurs finales, réunissant plusieurs dizaines
de milliers spectateurs dans des stadiums géants, sont retransmises par les télévisions du monde entier. Ces manifestations sont souvent décriées en raison de leur caractère violent ou de leur
mise en scène qui semble parfois porter atteint à une certaine image que l'on peut se faire de la dignité humaine, notamment en ce qui concerne la surface d'évolution des combattants ; une cage
pour les U.F.C et Cage-Rage !
Pourtant, ces cages au départ avait un rôle purement technique, d'abord en assurant la sécurité des combattants (une grande partie des combat se déroulant au sol, l'utilisation du ring présentait
des risques de chutes), et permettait de délimiter l'aire de combat et d'éviter les sorties intempestives de la surface de combat qui provoquent des arrêts et faussent le jeu (fuite délibérée
pour se sortir d'une situation tactiquement désavantageuse, possibilité de récupération irrégulière lorsque le combattant est dominé au niveau de sa condition physique...), privilégiant une
tactique détournant certains principes d'arbitrage, au détriment de la technique pure et de l'esprit de fair-play et de courage sportif.
Le fait que les organisateurs aient utilisé le concept de cage comme celui d'une arène est cependant une réalité à déplorer.
EVOLUTION VERS UNE FORME SPORTIVE ET ETHIQUE...
Le Combat-Complet, tel qu'il est pratiqué en France reprend l'idée du mélange des styles, avec un règlement respectueux de l'intégrité physique des pratiquants et valorisant les plus hautes valeurs morales sportives. Il est officiellement reconnu par la F.F.ST depuis septembre 2008.
Le Combat Complet est un sport réunissant les phases de combat à distance, au corps à corps debout et au sol. Sont utilisées des techniques de percussions empruntées aux différentes boxes, des techniques de projection et de contrôle issues du judo et de la lutte. En tant que discipline sportive, le Combat Complet comporte un règlement qui lui est propre, permettant de définir les actions autorisées ou prohibées.
Pour les pratiquants d'une discipline classique, il apporte un enrichissement complémentaire : un judoka pourra s'initier aux techniques de percussions, un boxeur au combat au corps à corps... tout en pouvant continuer à utiliser sa spécialité initiale. Loin des dérives violentes véhiculées par certaines formes de combat libre venant des Etats-Unis, le Combat-Complet se pratique en toute sécurité. Il s'agit au départ d'une activité physique ludique, dont le but au-delà son aspect "sport de combat" est d'apporter plaisir, épanouissement et bien-être.
Il se déroule sur un tatami, sous la direction de 3 arbitres, et
met en scènes des combattants maîtrisant autant les techniques de percussions pieds-poings, que les projections et contrôles au sol.
Le mélange des styles : Karaté Shidokan vs Boxe Thaï
L'ESPRIT DU COMBAT-COMPLET
Concrètement, la nouveauté de cette activité ne réside pas tant dans la création d'une discipline aux techniques spécifiques, mais
plus dans son concept de la réunion dans une seule activité, de phases tactiques existantes indépendamment chacune l'une de l'autre au sein de plusieurs sports
différents.
Le pratiquant est donc amené plutôt qu'à se spécialiser dans une seule voie, à découvrir toutes les facettes sans exception des sports
de combats et arts-martiaux classiques.
Après le combat : fair-play et fraternité !
UN SPORT DANGEREUX ?
D'où viennent les préjugés ?
Quel qu'en soit le domaine, la nouveauté fait peur. C'est une
règle instinctive de préservation. C'est la peur de l'inconnu, la stigmatisation de ce que l'on ne connaît pas. Ce réflexe est naturel chez tout être vivant, l'homme n'étant après tout qu'un
animal plus évolué que les autres.
Face à l'inconnu, on prend peu à peu courage pour s'en approcher (précautionneusement), puis on l'explore et enfin on le comprend. C'est la lutte du savoir sur
l'obscurantisme.
Il ne faut pas être pas étonné que des esprits primaires se méfient à priori des dangers d'un nouveau type de discipline de combat,
surtout si les seules informations qu'ils possèdent leur sont fournies par d'autres êtres plus évolués (ceux qui se font volontiers nommer spécialistes, experts, voire maître !), dont la
spécialité essoufflée ou en pleine chute ne saurait souffrir l'émergence d'une discipline concurrente remettant en cause leur omnipotence commerciale.
Avec le temps, le sérieux de l'organisation et la qualité des athlètes seront reconnus par tous et l'on rira des anciens préjugés. Un proverbe chinois ne dit-il pas que « tous les hommes sont
intelligents, les uns un peu plus tôt, les autres un peu plus tard... »
Les risques inhérents à la pratique
Concrètement au niveau des risques de blessures encourus par les combattants, ceux-ci sont
extrêmement limités par le règlement qui interdit certaines techniques de frappes ou de clés, pourtant courantes dans de nombreux sports reconnus, voire disciplines olympiques. Par exemple les
coups de genoux à la tête ou sur la zone dorsale, les frappes sur le genou de la jambe d'appui, tous les coups de coudes ou de tête et coups de poings au visage au sol sont prohibés. Idem pour
certaines techniques de luxation ou de strangulation (pourtant autorisées en judo : discipline olympique !)
Par ailleurs les combattants sont munis de protections offensives et défensives : gants à amorti confortable, protège-tibias, protège-dents, coquille...
Pour des raisons sanitaires ou tout simplement d'hygiène, le combat est suspendu au moindre saignement et les combattants n'ont pas le droit de se présenter torse-nu.
On voit donc que le Combat-Complet prend nettement plus de
précautions relatives à la sécurité et à la préservation de l'intégrité physique de ses pratiquants que la plupart des disciplines de combat communément acceptées de
tous.
Le fait est qu'un judoka, habitué à une discipline exclusivement basée sur une lutte en préhension soit impressionné par des
techniques de frappes ou à contrario qu'un boxeur le soit par des projections et des clés de bras. La crainte des risques du combat complet est donc plus due au côté spectaculaire de techniques
inhabituelles pour un sportif formaté dans une discipline spécialisée que par le côté réellement dangereux des techniques en question.
Les risques réels ne sont pas plus élevés que dans toute activité physique et sportive. Le caractère généraliste de la discipline fait
que le corps du pratiquant est éduqué de manière à s'adapter à plus de situations que dans une discipline spécialisée.
Les accidents sont extrêmement rares et de nature peu importante. Il s'agit en général d'entorses bénignes ou de contusions légères. Rappelons qu'en France, les sports à taux élevés d'accidents
graves (nécessitant intervention chirurgicale) sont le football, la moto et le ski. Rien à voir avec les sports de combat ou arts martiaux et encore moins avec le
Combat-Complet.